Dans une enquête publiée le 20 juin 2026 et signée Ouiam Faraj, SNRT News interroge Marouane Harmach, expert en technologies de l’information, communication et réseaux sociaux, sur la place du freelancing digital dans l’insertion professionnelle des jeunes au Maroc. L’article, qui donne aussi la parole à Mohamed Ez-zahou, consultant en emploi et formation professionnelle, pose une question simple : le travail indépendant en ligne est-il un choix d’avenir ou une solution de repli face aux difficultés du marché de l’emploi ?
En bref
- Deux profils : des freelancers qui ont investi dans leurs compétences et bâti une clientèle internationale, et des diplômés qui se sont tournés vers le numérique faute d’offres d’emploi.
- Les compétences recherchées : l’IA appliquée, le SEO, la publicité payante et l’e-réputation ; le plurilinguisme des jeunes Marocains est un atout.
- Les propositions : un statut souple d’« auto-entrepreneur digital », un accès facilité aux paiements internationaux et l’entrepreneuriat numérique dans l’enseignement.
Deux profils de freelancers
Marouane Harmach invite à dépasser une lecture uniforme du phénomène. Une partie des jeunes a fait du numérique un choix stratégique : après avoir développé leurs compétences et constitué un réseau de clients à l’étranger, ils dégagent des revenus souvent supérieurs à ceux d’un emploi salarié. D’autres diplômés s’y sont engagés par contrainte, face à la rareté des offres d’emploi et à la progression du chômage.
Dans les deux cas, la maîtrise technique ne suffit pas. Pour durer, un indépendant doit adopter une posture d’entrepreneur, gérer son temps avec rigueur et savoir vendre ses services.
Les compétences qui ouvrent les marchés internationaux
Selon lui, l’intelligence artificielle appliquée compte aujourd’hui parmi les compétences les plus demandées sur les plateformes internationales, notamment pour automatiser des processus et produire des contenus. Le SEO, la gestion des campagnes publicitaires payantes et l’e-réputation complètent ce socle. Le plurilinguisme de la jeunesse marocaine constitue enfin un avantage concurrentiel pour accéder à des marchés variés.
Des blocages à lever
Les experts interrogés par SNRT News relèvent un cadre juridique et fiscal encore flou, qui maintient une partie des indépendants dans l’informel et sans couverture sociale, ainsi que des restrictions sur la réception de paiements depuis l’étranger.
Pour lever ces freins, Marouane Harmach recommande d’accélérer la mise en place d’un statut souple d’« auto-entrepreneur digital », de simplifier l’accès aux solutions de paiement internationales et d’intégrer de façon pragmatique l’entrepreneuriat numérique dans les programmes scolaires. Il invite aussi les jeunes à s’organiser en communautés professionnelles et à ne pas se limiter à une seule compétence.
Un potentiel de hub régional
Il estime que le Maroc réunit les atouts pour devenir une plateforme du freelancing à l’échelle de l’Afrique et de la Méditerranée, sous réserve d’une volonté politique affirmée et d’un environnement incitatif. Pour les pouvoirs publics comme pour les entreprises qui font appel à des indépendants, l’enjeu consiste à sécuriser le cadre de collaboration (statut, paiement, fiscalité) tout en valorisant les parcours qualifiés.
Pour les organisations qui structurent leur présence en ligne, Consultor propose un accompagnement en stratégie digitale et des formations à l’IA appliquée en entreprise.
Questions fréquentes
Le freelancing est-il une solution au chômage des jeunes au Maroc ?
En partie. Pour Marouane Harmach, le freelancing digital peut procurer des revenus supérieurs au salariat à ceux qui ont investi dans leurs compétences et dans un réseau de clients. Mais de nombreux diplômés s’y engagent par nécessité, et la réussite exige des compétences entrepreneuriales en plus de la maîtrise technique.
Quel statut pour un freelance digital au Maroc ?
Les experts interrogés par SNRT News jugent le cadre juridique et fiscal encore flou pour les indépendants du numérique. Marouane Harmach plaide pour un statut flexible d’« auto-entrepreneur digital », adapté à ceux qui travaillent en ligne pour des clients au Maroc et à l’étranger.
Comment recevoir des paiements internationaux en freelance au Maroc ?
La réception de virements depuis l’étranger reste l’un des principaux freins relevés dans l’enquête. Marouane Harmach demande un accès facilité aux solutions de paiement internationales ; en attendant, un indépendant a intérêt à vérifier auprès de sa banque les modalités applicables à son activité.
Cette note est une synthèse rédigée par Consultor, distincte de l’article original. Lire l’article complet sur SNRT News. Pour connaître le parcours de Marouane Harmach, consulter son site personnel ; ses autres interventions sont réunies sur la page La presse parle de nous.