Dans un entretien accordé à la MAP et publié par Maroc24 le 19 octobre 2023, Marouane Harmach, expert en communication digitale, revient sur les origines de l’« infodémie » et sur les moyens de la contenir.
En bref
- Le constat : les fausses informations ne sont pas nouvelles, mais les réseaux sociaux et les messageries instantanées ont démultiplié leur vitesse de diffusion.
- Le mécanisme : les contenus faux ou sensationnels circulent bien plus vite que les informations fiables et, sur les messageries, sans aucun contexte.
- La réponse : une responsabilité partagée entre l’État, l’école, les médias et les citoyens.
Pourquoi les fausses informations prospèrent en temps de crise
Selon lui, le phénomène est ancien, mais le partage facilité par les plateformes a fortement accéléré sa propagation. Internet joue un double rôle : il sert à vérifier les faits autant qu’à amplifier les contenus trompeurs. Les messageries comme WhatsApp posent une difficulté particulière, car un contenu y circule sans contexte et devient très difficile à arrêter une fois lancé.
Il décrit aussi la désinformation comme une arme de guerre informationnelle, utilisée par des États ou par des groupes poursuivant des objectifs cachés.
Une vitesse liée à la nature du contenu
Marouane Harmach s’appuie sur des études qui mesurent un facteur de viralité. Selon les travaux qu’il cite, les contenus faux, extraordinaires ou sensationnels se diffusent jusqu’à dix fois plus vite que les informations authentiques. La nature du message pèse donc directement sur sa vitesse de circulation.
Une responsabilité partagée
Pour enrayer le phénomène, il répartit les rôles :
- L’État doit encadrer la diffusion de l’information tout en protégeant la liberté d’expression, et encourager le journalisme d’investigation et le fact-checking.
- L’école doit apprendre aux jeunes à lire, interpréter et vérifier une information.
- Les médias doivent rendre l’information fiable accessible et agréable à consulter.
- Le citoyen doit développer une culture numérique et réfléchir avant de partager.
Il insiste sur ce dernier point : savoir utiliser un moteur de recherche ou un réseau social ne suffit pas, il faut savoir distinguer l’information de l’intox.
Ce que cela change pour les organisations
Pour une entreprise ou une institution, la désinformation est aussi un risque de réputation. Une veille régulière des réseaux sociaux, une procédure de vérification avant toute réaction et des messages de référence préparés à l’avance permettent de répondre vite sans amplifier une rumeur. Consultor met en place ces dispositifs dans son offre de veille et e-réputation et de gestion des réseaux sociaux.
Questions fréquentes
Pourquoi les fake news se propagent-elles plus vite que les vraies informations ?
Parce que leur contenu est souvent plus surprenant ou plus émotionnel. Marouane Harmach cite des études selon lesquelles les contenus faux ou sensationnels circulent jusqu’à dix fois plus vite que les informations fiables, une diffusion accélérée par les réseaux sociaux et les messageries instantanées.
Comment lutter contre la désinformation au Maroc ?
Par une action partagée : un cadre juridique qui respecte la liberté d’expression, le soutien au journalisme d’investigation et au fact-checking, l’éducation à la vérification de l’information dès l’école et une meilleure culture numérique des citoyens.
Quel rôle pour l’école dans la lutte contre les fake news ?
Selon Marouane Harmach, les programmes scolaires doivent apprendre aux jeunes à lire une information, à l’interpréter et à la vérifier avant de la partager. C’est la base d’une culture numérique qui va au-delà de la simple utilisation des outils.
Cette note est une synthèse rédigée par Consultor, distincte de l’entretien original. Lire l’entretien complet sur Maroc24. Pour connaître le parcours de Marouane Harmach, consulter son site personnel ; ses autres interventions sont réunies sur la page La presse parle de nous.